Politique

« On croyait mon limogeage synonyme de fin » : Ousmane Sonko

À peine installé à la tête de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko a profité de son discours d’investiture pour répondre directement à ceux qu’il accuse d’avoir voulu acter sa disparition politique après son départ de la Primature.

Dans une intervention particulièrement offensive, le leader de Pastef a affirmé que certains de ses adversaires pensaient à tort que son remplacement à la tête du gouvernement marquerait la fin de son influence politique. « Certains croyaient que le limogeage d’un Premier ministre signifiait sa disparition politique. Mais dans une démocratie véritable, aucune fonction n’épuise la légitimité populaire », a-t-il déclaré sous les applaudissements nourris des députés de la majorité présidentielle.

Par cette déclaration, le nouveau président de l’Assemblée nationale transforme son accession au perchoir en démonstration de résilience politique, réaffirmant son poids institutionnel malgré son départ récent du gouvernement. Face aux parlementaires, il a insisté sur le fait que « le peuple demeure la source unique du pouvoir », rappelant que la victoire de Pastef aux législatives de novembre 2024 confère au Parlement une « responsabilité historique particulière ».

Tout en rejetant toute volonté de transformer l’Assemblée nationale en instrument de « chaos institutionnel » ou de « vendettas personnelles », Ousmane Sonko a clairement affiché son ambition de faire du Parlement un véritable contre-pouvoir face à l’exécutif. « L’Assemblée nationale ne sera pas une chambre d’enregistrement », a-t-il averti, promettant un contrôle rigoureux de l’action gouvernementale et l’usage de l’ensemble des prérogatives constitutionnelles des députés.

Cette prise de parole, prononcée dans un contexte de tensions perceptibles au sommet de l’État, marque l’ouverture d’une nouvelle séquence politique où le président de l’Assemblée nationale entend jouer un rôle central dans l’équilibre des pouvoirs au Sénégal.