Politique

Ousmane Sonko annonce la couleur

À peine installé au perchoir de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko a livré, ce mardi 26 mai 2026, un discours à forte portée politique et institutionnelle, mêlant bilan de son passage à la Primature, hommage républicain et affirmation d’une nouvelle ambition pour le pouvoir législatif.

Face aux députés réunis dans l’hémicycle, le leader de Pastef a d’abord inscrit cette journée sous un symbole spirituel fort, évoquant à la fois le lendemain de la Pentecôte pour les chrétiens et une journée de jeûne et de méditation pour les musulmans. Revenant ensuite sur son expérience à la tête du gouvernement, il a défendu un bilan centré sur la transparence dans la gestion publique, la lutte contre la corruption, la réduction du train de vie de l’État, les réformes économiques et sociales ainsi que l’apaisement du climat social.

Le nouveau président de l’Assemblée nationale a également rendu un hommage appuyé à son prédécesseur, El Malick Ndiaye, saluant son travail de modernisation de l’institution parlementaire, notamment à travers la digitalisation des procédures, la réhabilitation du bâtiment et l’amélioration des conditions de travail des agents.

Mais c’est surtout sur le terrain politique que le discours a pris une tonalité plus offensive. Fort de son expérience d’opposant, de maire puis de Premier ministre, Ousmane Sonko a affirmé sa volonté de faire de l’Assemblée nationale un véritable contre-pouvoir institutionnel. « Elle ne sera pas une chambre d’enregistrement », a-t-il martelé, promettant un contrôle rigoureux de l’action gouvernementale et l’exercice plein des prérogatives constitutionnelles du Parlement.

Sans appeler à une confrontation directe avec l’exécutif, le président de l’Assemblée a toutefois prévenu que l’institution userait « de tous les leviers de contre-pouvoir » prévus par la Constitution, tout en excluant toute logique de « vendettas personnelles » ou de « chaos institutionnel ».

Ponctué de références philosophiques, historiques et religieuses, son discours a également insisté sur la nécessité de restaurer la morale publique et la responsabilité éthique des dirigeants. Citant notamment Aristote, Saint Augustin, Mamadou Dia et Omar Ibn Khattab, Ousmane Sonko a estimé qu’« une nation peut survivre à la pauvreté matérielle mais rarement à l’effondrement de sa morale publique ».

En conclusion, il a appelé l’ensemble de la classe politique, majorité comme opposition, à préserver la stabilité du Sénégal malgré les tensions actuelles, affirmant vouloir continuer à « choisir la vérité plutôt que le confort » dans cette nouvelle étape de sa trajectoire politique.